19/06/2013

Zap machine

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Dans son fauteuil, bien callé, la zapette au bout des doigts, l'être humain enfourche son esclave technologique qui lui permettra de ne rien faire. Mais soulever la zappette, appuyer sur un bouton, paramétrer le bazar à la première utilisation relève d'une intelligence d'ingénieur; tout ça pour devenir "in fine" un con qui aura tout oublié. Le consommateur demande de plus en plus de choses à ses machines, mais le vocabulaire et le niveau d'instruction initial, eux, ne bougent pas: alors, comment faire?

       Qu'il est bon de devenir con devant ses engins, mais qu'est qu'il a fallu être intelligent avant! Heureusement qu'il y a la publicité qui parle un langage à peu près compréhensible, pour vous faire comprendre que vous êtes un ringard si vous ne possédez pas tel ou tel équipement. Vous essayez timidement, mais des pièges de toutes sortes apparaissenr sur ce chemin semé d'embûches qui feront de vous quelqu'un de branché.

A peine vous êtes-vous équipé et lu en diagonale le manuel (trop long et en tout petit caractère), que vous recevez la première facture. Vous apprenez que vous êtes abonné, que, mon Dieu, l'abonnement a déjà augmenté, que le produit ne correspond pas à ce que vous en attendiez au début, que la publicité ne correspond pas au produit acheté, que dénoncer le fameux abonnement prend énormément de temps et d'énergie...

Alors, pour s'occuper inutilement, on change d'instrument avec une zappette qui n'est pas pareille, bref on zappe du coq à l'âne et on oublie ce que l'on voulait faire au début. on est dérangé par les autres, par ses propres envies contradictoires. C'est le monde actuel qui est devenu petit à petit ainsi. Dans les faits ça ne s'est vraiment pas arrangé. Avant, les films respectaient un peu le rythme de l'existence, bien sûr, en une heure et demie de temps, il y avait des simplification et des raccourcis. On assiste aujourd'hui à une accélération du temps. on le voit au travers des montages vidéos où les plans sont hachés comme les steaks de fast food.

L'époque est difficile à suivre! De plus en plus, je m'en désolidarise; cela me repose les neurones, les yeux, les oreilles. Que c'est bon de s'endormir dans le noir et le silence!

JAFF

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